Papaye + John MaKay + German Cow
- MATH NOISE / POST PUNK
- Le Club
- Production : TP
PAPAYE (FR.)
Et si on parlait emballage ? Les vicieux publicitaires ont compris depuis longtemps la force d'une image et d'un discours, les musiciens et les maisons de disque ont mis un peu plus de temps. Quand Verve, Impulse! ou quelques autres labels de jazz sortaient dans les 60's / 70's des disques si beaux qu'on avait envie de les accrocher au mur, des milliers d'autres oubliaient d'embaucher des artistes pour s'occuper de leurs visuels : résultat, combien de disques sont passés à la trappe à cause d'une faute de goût graphique ? Combien d'heures de bonheurs d'oreille perdues derrière un nom de groupe foireux, un titre d'album naze ? C'est triste mais tant pis pour eux (et puis il y aura toujours de bons labels comme Soul Jazz ou Finder Keepers pour faire des rééditions avec des belles pochettes... ouf.) PAPAYE n'a pas de soucis à se faire, ils font partie de ceux qui ont compris qu'on racontait autant dans un visuel et un nom de groupe que dans la musique elle-même. Et un peu de second degré, de la couleur et de la rigolade n'ont jamais fait de mal – associer sérieusement du mathrock- punk-jazzcore avec une pochette porn-gay friendly, un nom de groupe tropical et un titre sans équivoque ("la chaleur"), non seulement ça nous fait plaisir, mais en plus ça donne VRAIMENT envie d'écouter et d'en savoir plus. Une façon de se faire remarquer qui ne passe pas par une école de publicité et qui montre VRAIMENT que ces mecs là sont SUPER COOLS, et qu'une musique hardcore et compliquée n'est pas forcément réservée aux mecs sérieux qui tirent la tronche : Papaye a juste compris depuis le début (et surtout avant, car Papaye ne vient pas de nulle part) qu'avant qu'on écoute un disque, on regarde et on lit une pochette. Ou un site internet, ou un fanzine, ou une affiche. Et niveau couleur, graphisme, bons mots, trouvailles et humour dada, la nébuleuse Kythibong-Africantape (Papaye est composé de membres de Pneu, de Room 204 et de Komandant Cobra) se pose comme la nouvelle reine de l'underground DIY qui fait mieux, mais alors 1000 fois mieux, plus beau et tout et tout que des gros labels pleins de sous qui se plantent systématiquement en croyant être dans l'air du temps. Sinon, musicalement, Papaye ça donne quoi ? C'est des Dragibus effervescents qui chatouillent le palais (effet Deerhoof), des beaux mecs souriants qui jouent vite, compliqué et dansant : du mathrock sexy et juteux comme une goyave. Heu non, un fruit de la passion. (FL)
JOHN MAKAY (Amiens, FR.)
Celui qui écrira l'histoire de la nouvelle scène math-rock-noise DIY française de ces dernières années aura une statue à son nom dans le patio du Temps Machine: il faudrait en effet plusieurs vies pour avoir le temps d'écouter et voir toutes les merveilles qui sortent régulièrement de ce foutraque jeu de 7 familles et un guide serait bien utile pour se repérer et ne rien louper (je demande la maman Marvin, le papa Pneu, le tonton Papier Tigre, la mémé Electric Electric, la fille Papaye, la tata Africantape et le fils Kithybong... bonne pioche !) Dans notre désespoir de manquer des bonheurs et des joies, on a quand même la chance de connaître quelques acteurs de cette scène qui nous filent de bons tuyaux : on suit donc leurs bons conseils les yeux fermés et on vous fait partager tout ça. Ainsi, quand Papaye nous a demandé si on avait de la place pour eux au Temps Machine (évidemment !), ils nous ont lâché une petite bombinette du nom de John Makay, duo d'Amiens qui, dans un univers pas très éloigné de nos héros locaux de Pneu, s'occupe de nous faire tourner la tête avec une batterie impressionnante et une guitare virtuose, qui se laisse chatouiller par des doigts aussi souples, véloces et sexy qu'une danse nuptiale entre Gene Kelly et Fred Astaire, sans aucun artifice (ni d'effet, ni boucle) et le sentiment d'assister à une nouvelle (formidable) déculottée de ce qu'on imaginait être le rock : quand chaque jour on se dit, triste et résigné, que tout a déjà été fait en musique, un groupe comme John Makay tombe du ciel et s'écrase avec fracas, panache et magie sur notre bureau. Et à chaque fois de remercier nos ancêtres les poissons d'être un jour sortis de la mer pour tenter l'expérience terrestre, et avec elle la mutation des ouïes en oreilles pour capter de façon optimale les vibrations cosmiques de l'air que le plus sage des hommes a un jour appelé MUSIQUE. (FL)
GERMAN COW (Tours, FR.)
Vous connaissez le concept des "super groupes" ? On utilise généralement cette appellation quand des membres de groupes cools se mettent ensemble pour faire un autre groupe. Avec plus ou moins de réussite d'ailleurs, mais ça c'est une autre histoire (On pense par exemple à The Dirty Mac, avec John Lennon, Eric Clapton, Keith Richard et Mitch Mitchell, à Cosmic Jokers, à This Mortal Coil, à Rapeman, à Tomahawk, à The Raconteurs, The Good, the Bad and the Queen ou Last Shadow Puppets – par contre pas trop envie d'écouter SuperHeavy, le groupe de Mick Jagger, Joss Stone, Dave Stewart et Damian Marley). Bref, German Cow est aujourd'hui un "super groupe", avec Virginie de Duet, Wareen de Brankal, Jaël (qui a chanté avec une poignée de "super" groupes de Tours) et Jey de Pneu. Un super groupe donc, monté autour d'un café dans ce mythique et mystérieux local de répétition de Tours dans lequel beaucoup de merveilles se passent. Un local qui déborde d'instruments et surtout d'excellents musiciens qui sont toujours prêts à jouer ensemble. Ainsi Virginie, Jaël et Wareen, trois copines aux voix singulières et drôlement complémentaires, ont bu des cafés, mine de rien, et ont profité des locaux en heures creuses, en cachette, pour mettre au point leur truc. Les calendriers prennent parfois du temps à s'accorder, mais une fois que la machine est lancée, tout va très vite. Les morceaux (veine minimal postpunk rêveur, aquatique et... féminin) sortent des enceintes comme des petits pains, Jey de Pneu, intrigué par cette musique, s'invite à la guitare et file un coup de main ; l'histoire est en marche et en à peine quelques mois d'existence, German Cow est devenu la rumeur la plus persistante du milieu rock de Tours. Juste un concert au compteur pour le moment (encore en cachette) et déjà des étoiles dans les yeux du public, médusé. En même temps, pas étonnant tant les 9 titres sur leur bandpage facebook nous scotchent depuis un mois, et flirtent avec classe du côté de Sonic Youth et DEVO, (on sent bien les influences Brankal / Duet) avec un truc minimal wave mine de rien très très actuel. Autant dire que nous sommes donc tout excités d'accueillir le début de cette nouvelle histoire du rock d'ici, issue du même ADN que cette nouvelle scène tourangelle qui s'exporte. Nous sommes fiers, chauvins et insistants : on aime d'amour les groupes de Tours et on le dit, FORT. (FL)
Math-Noise-Post-Punk
PAPAYE
guitar hero / batterie hero / post noise / avant rock
JOHN MAKAY
post punk / girl group / local new heroes
GERMAN COW