Matt Elliott + Ramona Cordova + Blast
- FOLK
- Le Club
- Production : TP
MATT ELLIOTT (Bristol, U.K.)
On n'a pas beaucoup de place pour parler de Matt Elliott, et pourtant on a tellement de choses à raconter, tellement de souvenirs, tellement... dans la première moitié des années 90, Matt Elliott faisait partie de la sainte trinité de Bristol qu'on adulait, en solo sous le nom de Third Eye Foundation ou aux côtés de Movietone et Flying Saucer Attack, qui jouait pour les funérailles du rock qu'il avait enterré vivant : entre folk de chambre sépulcrale, space rock noise shoegaze et postdub- breakbeat sauvage et cinématographique, Bristol inventait alors une nouvelle façon de faire de la musique, et Matt Elliott était pour nous l'âme noire de cette scène. Habillé en Third Eye Foundation, il arrivait à confronter les univers de Mogwai et d'Amon Tobin et, parallèlement, nourrissait des ambitions de songwriter qu'il mit en lumière en signant de son vrai nom une trilogie magnifique et ténébreuse (Drinking Songs, Falling Songs et Howling Songs), cette fois dans un environnement assez proche de Yann Tiersen – les deux hommes sont proches - et de son label, Ici D'Ailleurs. "The Broken Man", son nouvel album, apparaît comme un sommet de perfection fragile d'un homme revenu des profondeurs (la trilogie donc, alcool, chute, douleur), "broken" mais au plus près de son art, là où une guitare sèche et une voix – magnifique – provoquent la véritable rencontre, poignante et sincère, entre le musicien et l'auditeur. On a souvent affilié à la musique de Matt Elliott des réminiscence d'Europe de l'est, d'Angleterre du nord et de son littoral; on ajoutera aujourd'hui l'évocation d'un Leonard Cohen, aussi frappante qu’impressionnante, dans ce chant et ces guitares déshabillées de leurs atours noise et sérieusement rapprochées du micro. La grande grande classe. (FL)
RAMONA CORDOVA (Philadelphie, U.S.A)
La musique de Ramona Cordova est peut-être aussi rare, mystérieuse et précieuse que son auteur. Son album de 2006, "The Boy Who Floated Freely", petite île vierge merveilleuse, avait enchanté la critique qui avait usé de métaphores oniriques pour décrire ces chansons rêveuses, inventant pour l'occasion un pays imaginaire, un pays de contes hors du temps, mélangeant des univers folk, gypsy et enfantins, et chantées d'une voix magique. Malgré tout Ramon n'avait pas atteint le podium du Top 50, malgré un label amoureux (Clapping Music) et une tournée avec David Fenech. Un artiste rare, dont on ignore si un nouvel album se prépare, et qui, par une suite de jolis hasards, est quelques temps en France pour une poignée de concerts : sautons sur l'occasion pour découvrir ce jeune homme frêle qui sur scène devient géant et transforme en "gypsy bar" chaque endroit où il passe, avec un talent fou et une fraicheur insensée. Laissons-lui le mot de la fin : "Je crois vraiment que je n'ai fait rien d'autre que m'asseoir et réfléchir jusqu'à ce qu'une bonne histoire jaillisse. Au tout début, mon intention était de raconter une histoire et de trouver les moyens de donner l'impression à chacun d'être au coeur de cette histoire. Puis l'histoire est devenue l'histoire d'un gamin sur une île, puis l'histoire d'un gamin sur une île qui rencontre des gitans, puis l'histoire d'un gamin sur une île qui rencontre des gitans et tombe amoureux (…) J'adore les gosses et raconter des histoires. Mais je n'ai pas pour autant pensé qu'il fallait que je fasse une histoire qui ait trait à l'enfance. Je crois plutôt que ce qu'on entend sur mon disque, ma voix de fausset, ces voix chevrotantes que je pouvais entendre sur des chansons d'époque, et les choeurs qui tapissaient les ouvertures de vieux films allaient de pair avec les films pour enfants comme Blanche-Neige." (FL)
BLAST performance (FR.)
Projet encore à l'état de concept à l'heure où nous écrivons ces lignes, BLAST sera en résidence au Temps Machine la semaine précédent cette soirée et sera une performance proposée par Hélène Rocheteau, danseuse chorégraphe (dans la compagnie La Zampa de 2003 à 2009, aujourd'hui sur différents projets de Groupenfonction), Jean-Baptiste Geoffroy, batteur (dans Pneu, Papaye, Jagwar Pirates et Magic Barbecue, son projet solo) et Pascale Bongiovanni (créatrice lumière depuis 1983 sur de nombreux projets de théâtre, danse, musique et vidéo, notamment dans la compagnie Diphtong). Quand on lui a demandé ce qu'on allait voir, Hélène nous a raconté une confrontation d'univers donc, pensée comme une résonance du corps avec la batterie, une relation sensitive, organique, directe, avec un travail de lumière comme création d'une zone trouble, de perte de repères, pour une performance à rapprocher d'une expérience sensorielle pure. Connaissant l'implication physique "naturelle" de JB à la batterie et les mélanges de genre des récents travaux d'Hélène et Pascale, on peut d'ores et déjà imaginer quelquechose de physique, d'intense et de puissant. (FL)
The Third Eye Fondation / folk / Yann Tiersen / Léonard Cohen
MATT ELLIOTT
folk / gypsy / féerie / magie
RAMONA CORDOVA
BLAST