Joakim (& the Disco) + Splash Wave + Logo
- ELECTRO CLUB LIVE
- Le Club
- Production : TP
JOAKIM [& THE DISCO] (Paris, FR.)
Après avoir réécrit trois fois ce texte, on en arrive à la conclusion que ça ne doit pas être évident d’être Joakim, mais en même temps ça doit être cool quand même (autant vous le dire tout de suite, le mot "cool" va être utilisé souvent dans ce texte). Pas évident parce que c'est clair : Joakim n'est pas reconnu à sa juste valeur, celle de musicien génial, et ce pour plein de mauvaises raisons. A la question "c'est qui Joakim ?", on entendra souvent que c'est le boss du label super cool Tigersushi (Principle Of Geometry, Krikor, DyE et les super compiles More GDM entre autre), ou que c'est le gars qui a réalisé des disques de Panico, Poni Hoax ou Zombie Zombie. Certain répondront même que c'est le James Murphy français (effet post punk electro – boss de label – producteur - musicien)... D'autres répondront que c'est le pote de l'internationale electro-coolhype (Tiga, Busy P, Erol Alkan, Zdar)... D'autre répondront que c'est un mec qui fait des super remixes (par exemple ceux qu'il a faits pour Air, Metronomy, The Chap, Tiga, Dj Mehdi). Ou encore que c'est un super DJ qui joue partout dans le monde et qui a du goût. Mais peu finalement répondront sans réfléchir que Joakim est l'auteur de 4 albums essentiels d’électronique cinglée, toujours un pied sur le dancefloor et un autre dans le bizarre, un oeil sur le cool et une oreille dans l'underground, des albums qui jonglent avec des références sorties de son immense collection de disque et de sa culture encyclopédique qui fait des allers et retours entre piano classique et synthés disco, acid techno, musique contemporaine, heavy metal, groove aficain, tropical, jazz ou disco punk (tout ça pas en même temps, évidemment), jusqu'à désarçonner la critique et foutre la merde : quand aujourd'hui tout le monde semble enfin d'accord pour dire que Joakim fait du Joakim (il serait temps) avec ce nouvel album presque pop, fluide, chanté et d'une richesse impressionnante. Car c'est surtout ça qu'on aime chez Joakim, c'est qu'il semble s'amuser en permanence à foutre le bordel, à mettre du bizarre partout, à oser des grand-écarts, à pousser le bouchon, quitte à faire le kamikaze en salissant exprès des titres que des producteurs moins audacieux auraient propulsé en moins de deux au sommet des charts mondiaux. Non, pas Joakim. Lui il s'amuse et joue avec l'avant garde, et aussi avec nos oreilles nos jambes (pour ça merci), et essaye des choses sans trop se poser de questions et avec un style vraiment très singulier. Joakim est un mec qui FAIT de la musique (ça c'est notre réponse à la question du début). Et en concert, la musique se fait en groupe (& The Disco). Pour ce nouvel album, on a cru comprendre qu'il y aurait beaucoup de synthés sur scène, un batteur costaud et toujours le fidèle DyE à la basse. Ça va chauffer. (FL)
LOGO (Paris, FR.)
Dans la taxinomie des producteurs electrotechno- club d'aujourd'hui, comment faire le tri entre les animaux sauvages et les animaux de zoo (voire des animaux clonés) ? Deux options : d'abord on écoute, ensuite on essaye d'aller voir en chair et en os ce que ça donne. Pour LOGO, on a écouté, et on a aimé cette façon de faire "personnelle", cette façon de sortir du mille fois entendu. On a été les voir sur scène aussi, et on leur a parlé. On a apprécié les deux jeunes garçons, leur sympathie et leur humilité (et un juste recul) sur le statut de "kitsuné newcomer" qui fait faire le tour du monde du web en 5 minutes mais peut-être juste "que" pendant 5 minutes. La force de LOGO ? Un live avec synthés qui fonctionne et qui joue aux montagne russes sur le dance-floor. Et aussi des vrais hits, notamment le titre "hello. jpg" qui s'amuse avec les changements de rythmes et les textures de synthé, à mille lieux de l'autoroute de la dance que nous dénonçons chaque jour : LOGO cherche et invente, ce qui n'est pas monnaie courante, on est bien d'accord. Leur premier single chez Kitsuné, "la vie moderne / junocide", véritable démonstration de tout ce qu'on peut faire avec un Moog (et un Juno ?) et une boîte à rythme, nous avait vraiment enchanté : leurs accointances avec Black Devil Disco Club et Bot'Ox aussi, preuve qu'ils n'ont pas l'air de vouloir plonger dans la facilité, pour le bonheur de nos oreilles et de nos mollets. LOGO risque de durer parce que leurs références ne commencent pas avec Daft Punk. Des petits gars qui maîtrisent leur sujet, des petits gars modernes, futuristes et VRAIMENT groovy. (FL)
SPLASH WAVE (Rennes, FR.)
Dans la famille des jusqu'au-boutistes, les Splash Wave ont la pôle position tant ils semblent sincères quand ils disent ne pas comprendre ce qu'il y a de dingue dans leur musique : deux cerveaux court-circuités, bloqués dans le meilleur du pire des années 80 qui, vraiment, ne SAVENT PAS qu'on est en 2012. Remake incarné de "Retour vers le futur", Splash Wave n'a pas été touché par l'évolution du monde de ces trente dernières années et leur Atari ST a failli exploser quand ils ont essayé de se connecter à internet quand le label BEKO DSL leur a sorti un EP... digital ! Autant leurs cassettes sorties chez Spiral Jetta, ils peuvent les écouter avec leur WALKMAN SONY WATREPROOF JAUNE, leur vinyle 25 cm rose sorti chez Third Side aussi, avec leur chaîne HI-FI SCHNEIDER Deluxe... Et puis quelle drôle d'idée de faire de la musique avec un ordinateur ! Les Splash Wave sont à la musique d'aujourd'hui ce que la Bones Brigade est au skateboard : souples et stylés, honnêtes et talentueux, toujours d'actualité et, surtout, super émouvants. Il n'est pas question ici des années 80 tape-àl'oeil, aérographes et cheveux artistiques. Ici on parle d'un quotidien fait de flippers et de jeux d'arcade dans le PMU, de paysages urbains en qualité VHS, du bandeau de John MacEnroe et d'un getthoblaster qui joue du Black Flag ET du Yellow Magic Orchestra. Qu'un jeune duo de Rennais pousse le bouchon aussi loin d'un univers qu'il n'ont même pas connu (on les soupçonne d'être nés sous le deuxième mandat de Mitterrand), ça nous rassure sur la qualité de la culture de la jeunesse d'aujourd'hui qui n'est pas si débile qu'on veut nous faire croire. Encyclopédie vivante des musiques synthétiques oubliées des années 80 (qui sont à l'origine de presque toute la musique électronique de 2011), Splash Wave est un magnifique hommage à ces fabuleux outsiders (de Devo à Silicon Teens par exemple), porté par un sens de la mélodie imparable, un état d'esprit lo-fi / DIY et un amour total envers les boîte à rythmes et synthés nippons (Korg, Roland, Casio et Yamaha n'ont aucun secret pour eux). Pas nostalgiques pour un sou, Splash Wave rappelle Trans Am et DMX Crew dans la démarche, c'est à dire quelque chose de singulier et évocateur, inventif et vraiment jouissif. Un gros Malabar rose collé sous une Converse en toile verte en somme. On adore. Anti-Social Club, tu perds ton sang-froid. (FL)
Tigersushi / Versatile / post punk disco/ weird electro pop / cool cool
JOAKIM
Kitsuné / synthés / electro / club / cool cool
LOGO
old school / 80's electro pop
SPLASH WAVE