Elektronische Staubband + Nestorisbianca + Dirty Beaches
- POST NOISE
- La Grande Salle
- Production : TP
ELEKTRONISCHE STAUBBAND (FR.)
Derrière ce nom tiré d'un rêve de paradis perdus krautrock se cachent (à peine) trois voraces de musique, qui, malgré un rythme de vie qui défie l'entendement, trouvent le temps de se lancer dans un nouveau projet haut en promesses : des synthés, beaucoup de synthés, des vieux des beaux, et, pour les caresser amoureusement, les doigts agiles de Yann Tiersen, de Lionel Laquerrière (Nestorisbanca, Yann Tiersen) et de Thomas Poli (Montgomery, Dominique A, Nestorisbianca et j'en passe), ou trois des plus incroyables musiciens qu'on ai eu l'occasion de voir de près. A eux trois et leur montagne de claviers qui feront rêver les connaisseurs, ils reprennent des titres des deux derniers albums de Yann Tiersen, "Dust Lane" et "Skyline" (ses albums les plus rocks), en version 100% analogique et l'oeil rivé sur les rivages cosmiques que CAN, NEU et Kraftwerk avaient foulé du pieds dans les années 70. Un projet excitant avec lequel ils ont décidé de tourner, en plus de tout le reste (quelle santé !) : ce premier tour de chauffe, avant de jouer à la Route du Rock Hiver le lendemain sera l'occasion d'être une fois de plus surpris par la musique du breton, décidément jamais là où on l'attend, mais qui touche juste à chaque fois, et ne cesse de montrer son immense talent, que ce soit avec un violon, une guitare, un piano jouet ou un énorme MOOG. On trépigne. (FL)
NESTORISBIANCA (Thoré la Rochette, FR.)
Nestorisbianca est un groupe musical originaire de Liverpool, composé de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. Il demeure, en dépit de sa séparation en 1970, l'un des groupes de rock les plus populaires au monde (n'importe quoi wikipedia). On la refait : Nestorisbianca est un groupe de rock avant-gardiste américain fondé à New York en 1981, et est considéré comme l'une des figures majeures du rock alternatif, composé de Thurston Moore, Kim Gordon, Lee Ranaldo et Steve Shelley. (Bon ça va... on peut rigoler non ?) DONC : Nestorisbianca est un groupe originaire du pays de Vendôme, fondé en 1999 et composé de... là ça se gate si on essaye de faire du wikipédia, alors j'arrête. Ce texte idiot est surtout là pour vous inciter à aller lire leur biographie écrite par Jocelyn Borde sur le page facebook. Tout y est dit, et très très bien même, on ne peut pas faire mieux. En revanche, vous avez peut-être vu Nestorisbianca il y a deux ans salle Thélème, où ils nous avaient joué pour la première fois les morceaux de "Genetics", pas encore sorti. On avait adoré l'évolution du groupe, recentré autours de Lionel, Marie et Nicolas, l'arrivée de Pierre au sax et la beauté souvent bouleversante des nouvelles chansons... Et puis, et puis... et puis tout a été très vite, Lionel s'est fait enrôler par Yann Tiersen pour tenir les claviers, les choeurs et divers autres instruments pour sa tournée mondiale... qui ne s'est jamais arrêtée. Un calendrier chargé, une famille qui s'agrandit et un nouvel album à défendre malgré tout : c'est ainsi une nouvelle formule live qui s'est mise en place sur une belle tournée en avril dernier, avec le magicien de la guitare et du son Thomas Poli (de Montgomery) et le bassiste Stéphane Bouvier (Yann Tiersen) en renfort, pour des concerts électriques qui ont littéralement enflammé toutes les salles par lesquelles ils sont passés, traversant les grandes plaines post-rock "nestoriennes" à dos de chevaux sauvages au galop, réveillant des volcans noise avec une énergie nouvelle, mûrie (on imagine) pendant les 200 concerts incendiaires faits aux côtés de Yann Tiersen ces deux dernières années. Grosse claque en perspective. (FL)
DIRTY BEACHES (Vancouver, CAN.)
Lorsqu'on est tombé sur l'album de Dirty Beaches en fouinant – parce qu'on est des fouineurs - on s'est dit qu'on aurait du mal à défendre auprès de nos amis un disque qui donne l'impression d'avoir été enregistré dans un immense hangar vide avec un micro cassé. Et puis d'un seul coup le buzz s'est mis à gonfler, et on vu Dirty Beaches (Alex Zhang Huntai en solo avec sa guitare) sur des scènes d'énormes festivals... dingue. Dingue parce que ce disque (génial) est à mille lieux des canons de l'époque et convoque des atmosphères noires inventées avec un synthé cheap il y a 35 ans par Suicide (un rock n'roll synthétique, répétitif et sale chanté d'une voix Elvisienne défoncée et d'outre tombe), et des ambiances volontiers Lynchiennes, crasseuses, flippantes et claustrophobes malgré les grands espaces. Et tout ça avec trois fois rien. Des petits samples bancals et bouclés issus de vieux enregistrements 50's et 60's (on reconnaît les Ronettes et même une intro de Françoise Hardy), traités comme si ils sortaient d'un auto-radio en fin de vie, une guitare surf/ rock n'roll noyée dans la reverb' et une voix qui, tour à tour, passe du glacial à la fièvre, une voix de crooner habité et habillé des mêmes frusques qu'Alan Vega, dont l'ombre plane du début à la fin de ce disque vénéneux. On pourrait même ajouter Vincent Gallo, Chris Isaak et Elvis à l'équation pour préciser l'univers de Dirty Beaches, qu'on multipliera par beaucoup de crasse et autant de classe : Alex Zhang Huntai a réussi à toucher le public avec un disque minimal, bruitiste, plein de poussière et de psychotrope mais si magnifiquement singulier et à si fort pouvoir évocateur que l'envoûtement qu'il procure va au-delà de la simple musique. Alex Zhang Huntai s'offre littéralement à nous, sans être jamais dans la séduction, et ça marche. Surtout, ça confirme et nous conforte dans l'idée que les choses singulières sont les plus belles, et que oui, on peut encore être étonné, ébahi, bousculé, ému, enchanté, fasciné et ébloui par un disque en 2012. (FL)
Yann Tiersen / Thomas Poli / Lionel Laquerrière / Dust Lane / Skyline / Neu / Can / Kraftwerk
ELEKTRONISCHE STAUBBAND
post rock / folktronica / Montgomery / iologic / Vendôme
NESTORISBIANCA
Suicide / Lynch / drone / Elvis / rock n'roll / noise / lo-fi / 50's
DIRTY BEACHES